Généalogie et pompes-funèbres : un lien étroit

Le secteur mortuaire est un univers froid et mystérieux qui suscite pourtant beaucoup d'intérêt et présente des ressources moins connues du grand public, utiles bien au-delà de la chambre funéraire par l'officialisation d'un décès. La législation en France qui oblige à passer par les services des pompes funèbres pour organiser des obsèques n'y est pas pour rien, puisqu'il n'existe aucune autre alternative dans les démarches pour la famille d'un défunt devant mettre en place des funérailles. Paradoxalement, le milieu funéraire est donc un domaine professionnel ne subissant aucune crise et demandant une main d’œuvre permanente prête à œuvrer dans les divers métiers des pompes funèbres, même si l'ambiance liée au décès, à la mort ou à l'inhumation d'un cercueil n'est pas toujours du goût de tous. Pourtant, une certaine fascination pour le morbide devant un corps décédé, pour l'accompagnement humain lors des obsèques et les perspectives rémunératrices très intéressantes peuvent être des éléments motivants dans l'idée de rejoindre l'univers funéraire.

Le monde funéraire ne se limite pas à l'organisation d'obsèques ou à la vente de cercueil

Il va sans dire que lorsqu'on parle des pompes funèbres, les termes mise en bière, conservation du corps, inhumation ou crémation, cercueil, deuil et décès viennent en premier, et cette partie de la prise en charge est bien réelle. Pourtant, les enjeux autour d'une cérémonie funéraire sont beaucoup plus vastes et doivent prendre en compte autant les aspects matériels et administratifs, que physiques et psychologiques liés à la perte du défunt. Dans le lourd travail d'accompagnement d'une famille face au deuil, parvenir à adopter l'attitude de circonstance tout en parlant de contrat, de transport du corps, de délais pour l'organisation des obsèques n'est pas une chose simple et demande un recul devant la mort que seule l'expérience permet d'acquérir véritablement. Gérer toutes les étapes funéraires, du transport vers le lieu de l'inhumation à la vente du cercueil, qui s'enclenchent dès l'officialisation du décès est donc le rôle premier des pompes funèbres. En parlant d'officialisation du décès, il faut savoir que la déclaration de ce dernier auprès de la mairie du défunt est obligatoire. Pour accompagner les familles dans cette démarche, les pompes funèbres peuvent les conseiller. Cependant, il est possible d'informer les voisins et proches de la personne disparue à travers un moyen plus large, mais surtout moins morose ; l'avis de décès. Ce dernier peut être publié dans la presse locale, la presse nationale ou encore sur le web, selon l'entourage du défunt. Dans ce petit article figure, d'abord, le nom, le prénom, mais également l'âge et la date du décès de la personne concernée. Mais l'avis de décès ne sert pas qu'à informer, il est également utile pour veiller à ce que toutes les connaissances du défunt, pas toujours connues par les familles, puissent assister aux funérailles. En effet, la date, le lieu mais également l'heure de l'enterrement sont aussi renseignés dans l'avis de décès. L'avis de décès peut également servir de dernier hommage, pour les proches du défunts. En plus des premières informations communiquées, quelques mots personnels peuvent accompagner ces dernières. Un texte rédigé par la famille de la personne disparue, un extrait d'un texte littéraire qu'elle chérissait, une citation, les paroles d'une chanson qu'elle adorait, etc. Cette attention pourra être lue de tous et être conservée par certains, si ils le souhaitent. Les pompes funèbres peuvent accompagner les proches du défunt ans cette démarche, pour contacter le service de presse le mieux adapté à leurs besoins et avant les funérailles, d'abord. Mais également pour les aider dans la formulation de ce dernier hommage, par exemple. L'avis de décès a trop souvent tendance à être oublié et pourtant, il s'agit du meilleur moyen pour avertir le plus de monde possible, notamment pour la date de l'enterrement. Les familles n'auront, ainsi, plus à courir dans tous les sens pour envoyer les faire-part. Une fois cela fait, les proches ont une marge dans la mise en place des obsèques, mais tout dépendra souvent du budget, du lieu et du nombre de personnes réunies autour du défunt. En France, lorsqu'une assurance décès a été prise, les frais d'organisation d'inhumation ou de crémation et le coût d'un cercueil ou d'une urne funéraire seront inclus dans le capital de la personne disparue. Mais selon les attentes et les exigences du défunt ou de sa famille tous les frais ne seront pas toujours pris en charge. Il conviendra donc de bien se renseigner auprès de l'établissement chargé des obsèques pour éviter toute mauvaise surprise avant la mise en bière.

Les pompes funèbres gèrent les corps, mais également les informations sur le mort et sa famille

En effet, qu'il s'agisse d'une inhumation dans un cimetière ou d'une crémation dans une chambre funéraire, les obsèques rassemblent toujours de manière inédite des personnes en lien avec le défunt. Absence de certains et présence d'autres sont au cœur des funérailles. Un peu comme pour un mariage finalement, puisque ces étapes de la vie ne se font pas sans leur lot de détails administratifs. Le registre du salon funéraire où est entreposé le corps va donc jouer un rôle capital, sans qu'il n'y paraisse. Beaucoup de personnes pourront même passer dans la pièce devant le cahier sans y prêter attention. Il faut dire que lors d'une cérémonie funéraire, il est parfois difficile d'avoir les idées claires, à la vue d'un cercueil abritant un défunt. Dans ce contexte de décès, on cherche même souvent à quitter le lieu le plus rapidement possible une fois les obsèques terminées. Pourtant, prendre quelques instants pour s'inscrire au registre funéraire peut être de mise et représente un geste d'importance, qui apporte des éléments précieux dans un domaine à la fois proche et loin des pompes funèbres. Il s'agit de la généalogie. Dans cet univers détaché des obsèques de prime abord, la chasse aux indices est parfois très ardue, et pour retracer l'histoire d'une famille il faut savoir chercher partout, chaque mise à l'écrit étant une source à étudier. Partir en quête d'ancêtres, c'est donc se confronter à la mort passée et à toute une série de naissances et de décès au fil des siècles. Bien entendu, il ne sera pas question d'aller déterrer un cercueil, ou de retrouver les cendres dispersées, néanmoins, retrouver les circonstances du décès, la situation du défunt au moment de sa mort, la famille présente aux obsèques le jour de la cérémonie funéraire vont apporter beaucoup de renseignements utiles.

Pour suivre une famille, la généalogie peut chercher des informations sur un défunt, le lieu du décès ou encore le cimetière où est enterré le corps

Dans la généalogie, il y a souvent des trous et des incohérences, des noms similaires et des erreurs. Les actes officiels sont donc là pour garantir le plus possible l'information, et un contrat de mariage ou un certificat de décès seront des preuves fondées dans l'optique de retrouver la piste d'un défunt. Savoir également qui de la famille était présent aux obsèques sera important dans la démarche de recherche approfondie et permettra de faire le lien d'une personne à une autre en confrontant les pièces justificatives. Certes, chaque personne reste libre de s'inscrire sur le registre du salon funéraire, et une présence aux obsèques n'est pas un acte enregistré de force. Il est tout à fait envisageable de venir rendre un hommage au défunt lors de la crémation ou l'inhumation du corps, sans laisser de traces sur le cahier mis à disposition par le service des pompes funèbres mandaté par le contrat. Les renseignements pris dans le cadre des cérémonies funéraires sont donc données de plein gré, et peuvent être aussi simples que le nom et le prénom de la personne volontaire. Préciser sa situation vis à vis du défunt, ou dans la famille, au moment des obsèques étant un plus. Mais pour tout ceux qui souhaitent simplement venir se recueillir sur le cercueil et dire un dernier adieu au corps sans rien faire de plus, cela sera évidemment possible, la démarche d'enregistrement funéraire restant aux bons soins de chacun.

Lors des obsèques, la mise en terre du cercueil est un adieu au corps du défunt, mais l'acte de décès est une trace éternelle pour la famille

Ainsi, que le corps soit réduit en cendres par la crémation ou enseveli sous terre par l'inhumation, le moment des obsèques entérine inexorablement un moment officiel qui ne peut s'effacer. Dans l'histoire d'une personne, sa date de naissance et celle de sa mort sont comme deux parenthèses venant clore l'existence. Les pompes funèbres ont donc le poids de la responsabilité des actes funéraires et des obsèques. Car personne n'est anonyme, dans la vie comme dans la mort. Et si le cercueil ou l'urne sont avant tout des moyens de protéger le corps du défunt, c'est bel et bien le rassemblement dans la douleur d'une famille autour de ces événements qui permettent de continuer à avancer dans la vie, en faisant son deuil, une fois les obsèques terminées. Le décès d'un défunt est donc une perte dont on ne se remet jamais vraiment, pourtant, l'assurance que les derniers soins du corps ont été respectés, et qu'un trace restera au-delà de la mort, est rassurant à plus d'un titre. La généalogie est donc un moyen de garder dans sa vie l'image d'un défunt, en retraçant son parcours, sans rester tétanisé par le deuil et la souffrance ressentie le jour des obsèques sur le lieu de l'inhumation ou de la crémation.